Le label Pavillon Bleu affirme son engagement dans la lutte contre la sixième extinction de masse au côté de ses porteurs de projet et de ses partenaires, à travers la Prix Thomas Joly. Ce prix rend hommage à Thomas Joly, premier salarié et premier directeur de Teragir, dont l’engagement en faveur du Pavillon Bleu et de la biodiversité a marqué 35 années de service.

Le programme s’appuie notamment sur les critères n°12 pour les plages et n°8 pour les ports de plaisance : « Agir en faveur de la biodiversité et en mesurer l’impact » devenus impératifs en 2025 afin de sélectionner les actions menées par les candidats. Ces actions contribuent aux Objectifs de développement durable (ODD) 13 et 14, ainsi qu’à la santé et au bien-être des habitants (ODD 3), à la lutte contre le changement climatique (ODD 13), et à l’éducation des citoyens (ODD 4). L’objectif du prix étant de valoriser des initiatives inspirantes et de diffuser les bonnes pratiques à la communauté du label.

Cette année, les outre-mer sont mises à l’honneur avec deux sites réunionnais lauréats ; une belle reconnaissance qui souligne le rôle essentiel des territoires ultramarins dans la préservation de la biodiversité, où se concentre près de 80% de la biodiversité française (Office Français de la Biodiversité).

Saint-Leu lauréat pour sa stratégie de préservation, restauration et de sensibilisation à la biodiversité

Dans la catégorie commune, Saint-Leu (La Réunion) s’est démarquée pour son engagement en faveur de la préservation et de la sensibilisation de sa population à la biodiversité. La commune est en effet située sur un espace particulièrement riche en matière de biodiversité (PN, ENS …) et soumis à d’importantes pressions.

Un inventaire complet de la biodiversité communal a été réalisé (ABC) par la commune et ses partenaires : la SEOR (Société Ornithologique de La Réunion), le Parc National de La Réunion, le CEDTM, Kélonia, la Réserve Marine de La Réunion et le Conservatoire Botanique de Mascarin. Plusieurs objectifs de préservation et restauration du patrimoine naturel ont alors été identifiés, avec de nombreuses actions prévues : lutte contre les espèces exotiques envahissantes, re-naturalisation des espèces indigènes, sauvegarde des espèces patrimoniales, restauration des plages et lagons, protection des sites de ponte avec la mise en place de mesures de protection, campagnes de sensibilisation …

La stratégie est par ailleurs particulièrement orientée vers la sensibilisation des scolaires avec une action phare en matière de restauration via la création d’une forêt scolaire d’espèces indigènes et endémiques sur le site du Grand Stella. Cette démarche reconnue par l’Académie de la Réunion est destinée à être pérennisée : chaque année 800 enfants bénéficient de cet accompagnement et sensibilisation et plus de 2000 arbres sont plantés sur le site de Grand Stella. Une Aire Marine Educative a également été créée, et la plage lauréate Pavillon Bleu et bénéficie à ce titre d’une gestion participative d’une classe de CM2 sur plus de 3 hectares.

Le port de Saint-Gilles-les-Bains récompensé pour sa participation aux Jours de la Nuit - Nuits Sans Lumière

Le port de Saint-Gilles-les-Bains, situé dans l’ouest de La Réunion, a été récompensé dans la catégorie Port. Le port et la collectivité Territoire de l’Ouest (gestionnaire du port participent à l’opération Nuits Sans Lumière ou Jours de la Nuit piloté par la SEOR (Société Ornithologique de La Réunion) et le Parc National de La Réunion. L’objectif de l’opération est de réduire la pollution lumineuse induite par les éclairages artificiels pendant un mois entre avril et mai. Les lumières artificielles empêchent les Pétrels de Barau (espèce endémique classée « en danger d’extinction”) de se repérer grâce aux étoiles lors de leur migration vers l’océan, entrainant un échouage massif chaque année. L’objectif est donc de réduire le nombre de Pétrels échoués lors de leur mois de migration, en considérant qu’une estimation de 800 à 1 000 oiseaux échoués a été faite, dans le cas où aucune mesure de réduction des éclairages ne serait mise en place. Certaines zones très urbanisées et donc polluées par les éclairages sont particulièrement stratégiques, comme au port de Saint-Gilles, situé sur la zone la plus éclairée et également en fin de parcours de la migration des Pétrels vers l’océan.

Le public est fortement sensibilisé (conférences, randonnées, observations sont organisées chaque année et des affichages de sensibilisation pour connaitre conduite à tenir s’ils trouvent un Pétrel échoué) et l’ensemble des citoyens, gestionnaires d’éclairages publics, privés et sportifs et entreprises est invité à participer aux Nuits Sans Lumière. Grâce à la réduction de la pollution lumineuse, les échouages de Pétrels sont passés de 1351 en 2024 à 628 en 2025, soit une réduction de plus de la moitié des échouages.

Photo : ©Jimmy Allain / SEOR

La restauration d’une plage à gravelots à La Flèche, coup de cœur du jury !

La commune de La Flèche (Sarthe) s’est vue décernée un coup de cœur du jury pour la catégorie commune. Face au constat de la disparition progressive des petits gravelots sur les berges du lac des Oiseaux, constaté en 2020, la commune de La Flèche s’est engagée dans la restauration l’ancienne plage naturelle à gravelots – naturellement présents sur le site. Cette restauration s’est essentiellement faite via du débroussaillage, de l’arrachage d’espèces invasives et de la recharge granulométrique. Les travaux ont par ailleurs été pensés dans un objectif d’économie circulaire en réutilisant des matériaux issus d’autres chantiers, et une quinzaine d’étudiants du lycée agricole d’Angers ont été mobilisés dans le cadre du chantier école du site.